Meurtre rue Jules de Sardac

Meurtre rue Jules de Sardac

rue-sardacC’était la fin des cours au lycée Maréchal Lannes. Il fallait fêter ça avant de passer le BTS ! Julien, dont les parents partaient justement à la fin de la semaine, proposa de faire une petite fête chez lui.
— Quand veux-tu organiser cette soirée ? demanda Mélanie.
— Samedi soir, ce serait sympa. Mes parents partent en week-end et ils sont d’accord pour que j’invite des amis. Mais pas une cinquantaine de personnes, une fête en petit comité.
— Moi je suis partante. J’adore les fêtes entre amis.
— Moi aussi, rétorqua Julien. Et puis, ce serait la première fois que je reçois chez moi.
— Qui vas-tu inviter ?

— Les pots et potes qui sont les plus proches de moi : Julia, Cathy, Emilie, Dominique, Carla, Noémie, Julie, pour les filles et Joachim, Georges, Karim, Benoît, Amadou pour les garçons. Et toi, bien évidemment.
— Ça va être déséquilibré : neuf filles et cinq garçons, six avec toi.
— Oui, t’as raison, ce serait mieux s’il y avait autant de garçons que de filles.
— Bon, tu vois qui d’autre ?
— Je sais pas, peut-être Loïc, Benjamin et Martial non ?
— Mais dis-donc, tu n’as pas eu une embrouille avec Martial il y a quelques mois ? Il ne t’a pas soi-disant piqué la fille avec qui tu étais, Laura, si je ne me trompe ?
— Si, tu as raison, mais c’est de l’histoire ancienne. J’ai passé l’éponge. Mais je l’invite seul. Je ne veux pas la voir chez moi.
— C’est comme tu veux, s’il n’y a pas de problèmes. Propose-leur alors.
— Moi, je vais envoyer un sms ce soir à ceux qui sont sur ma liste, et toi, tu en parles à ceux qui sont sur la tienne.
— D’accord, on fait comme ça. Mais il y en a dont je n’ai pas le numéro.
Ils vérifièrent leur liste d’amis sur leur mobile. Il leur manquait bien évidemment les trois garçons qui n’étaient pas prévus au départ, c’est-à-dire Loïc, Benjamin et Martial.
— C’est pas un problème pour ces trois-là, je les vois souvent au café en passant. Je m’en occupe, dit Julien.
Le lendemain, comme prévu, il les croisa et les invita chez lui pour le samedi, vingt heures. C’était d’accord.
— On porte quelque chose à manger? demanda Loïc.
— Non, c’est bon. Juste une bouteille si vous pouvez, répliqua Julien.
— Ok, va pour une bouteille.
— A samedi, même si on se croise d’ici-là.
— Ok. Sûr qu’on va se revoir d’ici samedi, c’est petit Lectoure.
Ils se saluèrent et Julien alla se balader. Il téléphona à Mélanie et lui demanda si elle avait obtenu des réponses des ses amis. Elle lui répondit par l’affirmative. Tout le monde avait accepté. De son côté, Julien avait eu des retours positifs de tout monde. Ils se retrouveront donc à quatorze chez Julien ce samedi.
Julien était un gars sympa, c’était un bon élève et il avait appris la musique très tôt et jouait très bien du piano. Il venait, depuis quelques mois, de se mettre à la guitare non pas pour devenir virtuose, mais pour s’amuser à chanter quelques tubes de variété française.
Il faisait un peu Julien Doré, pas très grand, avec ses cheveux blonds bouclés soit lâchés, soit attachés, des petits yeux bleus, un peu de barbe qu’il entretenait avec soin, des tee-shirts sobres, ses jeans serrés et son sourire charmeur, et toujours à passer sa main sur ses cheveux pour les écarter de son front.
Il habitait une belle et grande maison aux volets gris clair, avec une belle porte d’entrée ancienne d’un gris plus soutenu, située rue Jules de Sardac, pas très loin du parking, avec, au rez-de-chaussée, un grand salon moderne, une belle cuisine et une suite parentale, donnant sur un beau jardin d’agrément. Il avait pratiquement l’étage à lui seul, puisque deux autres chambres n’étaient utilisées que lorsque ses parents ou lui-même recevaient, mais c’était rare.
Vers vingt heures, le samedi, quelques invités arrivèrent, soit par deux, soit seuls. Quelques autres arrivèrent plus tard, vers vingt heures trente et à neuf heures, tout le monde était présent. Tous avaient apporté des boissons : bières, vin rouge ou rosé, gin, whisky, qu’ils posèrent sur la table à côté de celles que Julien avait déjà achetées, et qu’ils commençaient déjà à ouvrir pendant que le groupe Téléphone créait l’ambiance qu’il fallait à ce genre d’événement.
Julien avait des goûts assez rock quant à la musique festive, bien qu’il eût appris le jazz et en jouait très bien.
Il avait commandé quelques pizzas de toutes sortes à la Conviviale et au Gourmet, qu’il irait chercher au dernier moment avec Mélanie, ainsi que des gâteaux à la pâtisserie Biard, les gâteaux les meilleurs de la ville.
Quelques bouteilles étaient déjà vides, les pizzas terminées, et, après avoir mangé les gâteaux, ils se mirent à danser. C’était une très bonne soirée. Tout le monde était éméché.
Lors de l’interruption d’un morceau de musique, Mélanie lança :
— Julien, Julien, une chanson, une chanson !
Les autres reprirent en chœur :
— Julien, Julien, une chanson, une chanson !
Julien prit sa guitare et commença par « Mistral gagnant » de Renaud, « Foule sentimental » de Souchon, quelques autres chansons connues plus récentes telles que « Pas là » de Vianney.
Le verre à la main, ses amis reprenaient les refrains à tue-tête mais lors de cette chanson, on put entendre, sûrement pour plaisanter :
— Non, non, elle est pas là, non, non, elle est pas là.
Et on ne sait pour quelle raison, Julien entama la chanson Laura de johnny Hallyday. On se retourna vers Martial qui s’était levé, furieux, en pestant :
— Non elle n’est pas là, ça suffit !
Les invités furent surpris de sa réaction et Julien posa sa guitare, se leva et répondit violemment :
— Non elle n’est pas là, et tu sais pourquoi, espèce de salaud !
L’alcool aidant, les propos se firent de plus en plus appuyés et la bagarre éclata. Les amis de Martial, Loïc et Benjamin, intervinrent dans la bagarre, si bien que les amis de Julien vinrent défendre ce-dernier, tandis que les filles criaient. Ça volait de partout, les bouteilles se cassaient sur le carrelage, les chaises volaient, les rideaux se déchiraient, bref, c’était la catastrophe.
Tout à coup, Martial sortit un couteau de sa poche et menaça Julien. Cela jeta un grand froid. Tout le monde prit conscience de la gravité de la situation et tout le monde s’arrêta net. Benjamin supplia Martial de lâcher l’ustensile tandis qu’Amadou le désarma.

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